lundi 11 août 2025

Odile nous a laissé cette histoire pleine d'émotions :

                                                 SOUVENIR DU 12 JUIN 1944

Ce 5 Juin , on parlait du débarquement des américains pour le 6 juin , déjà 75 ans !... quand nous avons vu et entendu des avions tourner dans le ciel du côté des bâtiments des frères . Et quelqu’un qui pouvait sans doute entendre la radio et décrypter le sens des messages donnés nous a fait savoir que le débarquement des alliés était tout proche. Une grande joie nous envahit sans savoir ce que cela nous apporterait comme difficultés, horreur et joie… Ce qui comptait, c’était la paix à venir.

6 Juin. C’est le débarquement !... Les jours suivants, on a parlé très vite de la ‘poche’ de St Nazaire ! Nos informations étaient nulles ou disons très médiocres. Mais nous avons su très vite que St Gildas des Bois serait dans la ‘poche’, et donc sortir de St Gildas serait impossible. La sœur Dominique, responsable du Juvénat nos a fait savoir « qu’on ne quitterait pas le Juvénat, si nos parents ne venaient pas nous chercher ».Alors, moi, comment mes parents habitant Boussay, à 140km de ST Gildas, pourraient-ils venir me chercher ? La réponse, jamais je n’aurais imaginée telle que je l’ai vécue.

A cette époque Anne Marie Augereau, une jeune fille de Boussay, institutrice à Missillac revient très tôt chez sa mère. Elle avait appris cette décision au sujet des juvénistes. Elle s’empressa de la dire à mes parents. Aussitôt, Papa dit à Maman : « Bon, je prends mon vélo et je vais chercher Odile à St Gildas », c’était le 11 juin. Jean rentré en hâte du séminaire St Jean de Nantes, et y ayant laissé ses affaires répliqua aussitôt : « je prends mon vélo et je vais avec Papa ». Maman se préoccupe de préparer une petite valise de pique-nique pour plusieurs jours. « On ne peut pas savoir combien de temps il vous faudra »

Ce 11 Juin, de bonne heure le matin, Papa et Jean en soutane bien sûr, prennent la route. A la Méchinaudière, ils trouvent un camion qui prend la route de Nantes. Papa s’empresse de lui demander : « Vous allez à Nantes ? Pouvez-vous nous y conduire ? On gagnerait du temps » - Bien sûr, allez, montez. Je vous laisserai à Pirmil »

Voilà, l’étape commence bien. Ils traversent la Loire à pieds, le vélo à la main et prenant la route de Vannes, on est bon pour St Gildas se disent-ils. On pédale bien. Vers 16h 30 les voilà à la porte du couvent. La sœur de l’entrée les accueille avec beaucoup de gentillesse et m’appelle au ‘parloir’, comme on disait à l’époque. Grande surprise pour moi… Et Papa de me dire : » tu vas faire bien vite ta valise et tu reviens, on reprend la route pour Boussay tout de suite. Maman nous attend. La sœur de l’accueil reprend aussitôt: »Mais Mr Pacreau, vous n’allez pas repartir ce soir. Vous ne serez pas de retour à Boussay avant la nuit. Si vous voulez, je téléphone à l’école de Fay de Bretagne, où vous pourriez coucher ». C’est O K. La Sœur de Fay de Bretagne peut nous offrir un lit. .

Alors en route, voilà la jeune fille de 16 ans que je suis, sur le porte bagage du vélo à Jean qui n’arrête pas de me dire des bêtises pour me faire rire et chasser mes peurs. Arrivée à l’école de Fay de Bretagne… A quelle heure ? Je n’en ai pas le souvenir. Nous sommes en sécurité, pour la nuit. C’est important. Pendant le repas, nous découvrons avec nous une dame, Mme X réfugiée à la Chapelle Heulin, et devait repartir le lendemain. Elle était venue voir sa sœur, novice à St Gildas, venue au repos à Fay de Bretagne. Repartir, oui, mais son vélo était en panne. Alors la sœur directrice propose de demander au boucher de la commune, qui va à Nantes tous les jours, s’il voulait bien nous emmener toutes les deux, jusqu’à Nantes. Il nous laisserait à L’octroi de Nantes où Papa nous retrouverait. Jean irait chercher ses affaires au Séminaire. C’est OK. Le lendemain matin, Papa et Jean partent en vélo et nous deux avec le boucher. Papa traverse Nantes et arrive à l’octroi sud de Nantes. Il ne connaissait que celui-là et pour le boucher, il ne connaissait sans doute que l’octroi du Nord, là où il nous laisse. Donc Papa ne trouve pas sa fille. Après s’être informé, il faut qu’il retraverse Nantes… Et nous deux, Mme X et moi, parties avec le Boucher qui nous dépose à l’octroi Nord. Mais là pas de Papa… Mme X très gentille me dit. Bon on va traverser Nantes Et verra. A pieds, nous allons vers Nantes sud. Et là, une chance nous attend : une camionnette de maraîcher a l’air de prendre la route de Clisson . Bon réflexe, Mme X demande s’il peut nous conduire vers la Chapelle-Heulin . « Oui, oui, montez dans le camion. » C’était un camion avec l’arrière à découvert. J’ai cru que j’allais déchirer ma jupette, tellement le camion était haut. .Le camion démarre, je ‘dégringolle’ sur un tas de bois. Je me relève et qu’est-ce que j’aperçois ? Un monsieur en vélo, qui se rend vers Nantes. C’est Papa. Je crie : « Papa, Papa ». Mais Papa n’entends pas. Le bruit du camion qui roule au bois est trop fort. Mme X me dit : « Ne vous inquiétez pas ». A la Chapelle Heulin, je fais réparer mon vélo et je vous le prête pour retourner chez vos parents.

Papa arrive à l’Octroi Nord. Là aussi, pas de fille. Alors il reprend la route de Clisson en se disant : « Je ne sais pas le nom de cette dame, je sais seulement qu’elle est réfugiée au patronage. Je vais aller à la cure, le curé saura bien m’indiquer où retrouver Mme Guéno. C’était son nom

Le voilà arrivé au patronage. Enfin, Papa est là. Le vélo de Mme Guéno est chez le garagiste. Ce ne sera pas long. Elle nous offre un verre de lait. C’est tout ce qu’elle pouvait nous offrir, puis va chercher son vélo . Nous voilà sur la bonne voie, tous les deux, Papa et moi. Pendant ce temps, Jean revenu du séminaire nous attendait à Tournebride sur le bord du fossé. Ne nous voyant pas passer il rentra à Boussay.

Combien de temps avons-nous mis pour ce trajet Chapelle-Heulin –Boussay ? je ne sais plus. Mais ce fut une grande surprise pour Maman de nous voir arriver si vite, et pour papa et moi, une grande satisfaction d’avoir effectué cette grande aventure en si peu de temps !

En période de guerre, on ne mesure pas tout, mais cette entr’aide, je ne l’oublierai jamais. Et actuellement je suis heureuse de parler avec la fille de Mme Guéno ,religieuse à St Gildas, à qui sa mère a raconté plus tard bien sûr cette épisode de guerre .

                                                                                                Odile

                                       NANTES LE PONT DE PIRMIL à la fin de la guerre

Pour tout savoir sur les octrois de la ville de Nantes :https://books.openedition.org/pur/34263?lang=fr

OUEST-FRANCE

Bas du formulaire

Au XIXe et au début du XXe siècle, l'octroi est perçu sur la plupart des marchandises qui entrent dans la ville : boissons, fourrages, combustibles, matériaux de construction, ainsi que sur le bétail vivant. Il faut en faire la déclaration à l'un des bureaux installés aux entrées de la ville. Et acquitter la taxe correspondante.

Ceux qui ne font que traverser la ville doivent demander un « passe-debout », sorte de laissez-passer, qu'ils présenteront au bureau de sortie. 

 

Le bâtiment abritait les agents chargés de recouvrer cette taxe. C'était un impôt très ancien et très impopulaire institué en France au XIIIème siècle. L'octroi a été aboli en 1948, remplacé par une taxe locale.

La suppression de l'octroi en 1791 ayant entraîné l'appauvrissement rapide des villes, le Directoire le rétablit dès l'an VII. Le Consulat puis l'Empire le généralisent et en organisent le fonctionnement. Bien que cette taxe soit une source importante de recettes municipales, son existence même suscite, dès le XIXe siècle, de violentes critiques qui aboutissent à la loi de 1897. Cette loi, qui aurait dû favoriser sa disparition bien que ce ne soit pas son objet avoué prévoit des moyens de remplacement insuffisants et connaît de ce fait une application très limitée. Après cet échec, les abolitionnistes ne désarment pas tandis qu'un courant réformateur se développe, au XXe siècle, afin de rendre le système de l'octroi compatible avec les nécessités d'une économie moderne, notamment dans la région parisienne. Les circonstances de la Deuxième Guerre mondiale entraînent la mise en sommeil puis la suppression de cet impôt. Sa disparition, totale en 1945, sera rendue en 1948.

 

 Jacqueline David

Revue historique de droit français et étranger (1922-)

Quatrième série, Vol. 66, No. 4 (octobre-décembre 1988), pp. 561-585 (25 pages)

gale en 1948.

C'est finalement le rationnement des denrées pendant la Seconde Guerre mondiale et le moindre souci de recaser les personnels qui le percevaient qui porteront le coup fatal à l'octroi.

…La petite reine est le dernier moyen de transport à la mode et, comme son coût d’achat est encore prohibitif pour les bourses les plus modestes, de nombreux loueurs s’installent au rond-point de Vannes, desservi par le tramway depuis 1902, ou après l’octroi. Ce dernier, qui a été déplacé par la municipalité nantaise à mesure du développement de la ville, est définitivement supprimé le 1er janvier 1944. Le bureau d’octroi de la route de Vannes était alors installé à l’angle du boulevard de Longchamp, à l’emplacement de l’actuel Hôtel Longchamp.


Emplacement de la future Station Longchamp ouverte par Charles Mustière en 1934 à l’angle du Boulevard de Longchamp et la Route de Vannes (n°82). ©Alain Mustière


Vue aérienne réalisée en 1944, représentant la route de Vannes entre la place Alexandre Vincent et le château de La Bouvardière autour duquel des tranchées antichars sont visibles, ainsi que quelques impacts de bombes au milieu des champs. Zones urbaines et espaces cultivés s’entremêlent dans un entrelacs indescriptible. ©IGN Remonter le temps



L’octroi et le commissariat à l’angle de la rue Saint-Jacques et de la Côte Saint-Sébastien / © collection particulière.

Ce n’est qu’en 1948 qu’il est totalement abandonné puisqu’après la Seconde Guerre Mondiale,





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